20 Apr

Mindful Leaders – Les principes du Bonheur au Travail (1 de 8)

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Je me propose dans les 8 articles qui vont se suivre semaine après semaine de discuter des 8 principes qui font qu’un travail amène au bonheur ou à ce que le psychologue positif Mihaly Csiksentmihalyi appelle le “Flow” ou “l’expérienc optimale”. Nous verrons à chaque fois aussi comment la méditation peut nous y amener. Nous verrons aussi que ce bonheur concerne tant celui qui pratique ce travail que tous ceux qui sont influencés par les résultats de ce dernier.

PREMIER PRINCIPE: LA TACHE ENVISAGEE EST ATTEIGNABLE MAIS CONSTITUE UN DEFI ET EXIGE UNE APTITUDE PARTICULIERE

Tout d’abord la tâche doit être réalisable. Corollaire: que ça soit lorsque que nous briguons une fonction nouvelle ou que nous nous assignons un projet particulier, aussi petit soit-il, ou que nous engagions un nouveau collaborateur ou assignions une tâche à une personne, il s’agit de bien vérifier que cette tâche soit réalisable dans l’absolu mais aussi par rapport aux qualités nécessaires à son accomplissement que devra nécessairement posséder la personne en charge. Vous connaissez peut-être l’acronyme SMART qui caractérisait certains cours de management des années 90. Lorsque qu’on définissait un objectif, le manager était invité à vérifier qu’il correspondait à ces critères (en anglais): Specific, Measurable, Achievable, Realistic, Timed. “Achievable” signifiant dans ce contexte que l’objectif est atteignable dans l’absolu (il ne s’agit donc pas de résoudre la quadrature du cercle) et “Realistic” signifiant que la faisabilité de l’objectif s’évalue aussi à l’aune des circonstances concrètes, du contexte et des qualités des personnes impliquées. On a tous connu ces “business cases” qui ne tenait absolument pas la route mais qui étaient imposé “top-down pour flatter des egos et leur lot d’illusion ou justifier l’allocation de budgets voués au gaspillage. On a tous connu aussi des personnes parachutées “chef” d’un nouveau projet ou dans une nouvelle fonction et, selon le principe de Peter, qui s’y sont révélées complètement incompétentes alors que dans leur fonction précédente, et c’est d’ailleurs cela qui justifiait la promotion que constituait le nouveau job, ces personnes étaient ultra performantes.

Ensuite, la tâche ne doit pas aller de soi, c’est à dire qu’elle doit nous demander un effort et de mettre en branle des compétences qui nous sont personnelles et spécifiques. Ces compétences peuvent être naturelles ou acquises, l’acquisition constituant souvent un premier effort gratifiant: la joie d’apprendre! Un effort tout d’abord doit être produit pour que nous trouvions du plaisir et que nous restions motivés. Il n’y a rien de plus asséchant que de continuer à ne faire facilement que ce qu’ l’on sait déjà faire. On appelle cela à la suite des psychologues Bardwick et Brown notre “zone de confort”, qui se définit comme “l’espace où notre incertitude, le manque et la vulnérabilité sont réduits au minimum et où nous croyons que nous aurons accès à suffisamment de nourriture, d’amour, d’estime, de talent, et de temps. Où nous avons le sentiment d’avoir un certain contrôle.” On voit toute de suite l’ambiguïté et la tension de cette zone, rassurante mais potentiellement anxiogène dans le moyen-long terme. Pour ceux en quête d’évolution et qui n’osent pas en sortir, ne correspond-t-elle pas à la définition de la folie selon Einstein? “La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent.” Or on le sait, la seule certitude dans l’existence c’est le changement. Tout change à chaque instant et rarement comme on l’avait prévu. Et donc d’une certaine façon, résister au changement par peur de celui-ci et rester dans sa zone de confort, c’est se laisser dévier du flot de la vie, du flot de l’aventure, de la créativité et de l’innovation qui forcément sont faites de nouveautés, d’imprévus et dont le domaine n’est donc pas celui de la zone de confort.

J’aime citer Deepak Chopra pour caractériser cet effort: cet effort doit être “moindre”, soit constituer toute une série de petits pas mais pas un pas de géant dans l’inconnu. Que se passe-t-il en effet lors de grands changements imprévus ou pas, de révolution, de restructuration massive? Nous perdons nos repères et les sens, nous sommes comme immobilisés par un contexte que l’on ne contrôle absolument pas car nous sommes entrés dans notre zone de risque. Et donc non obtient dans ce contexte exactement la même chose que dans la zone de confort: l’immobilisme et la démotivation. La tâche envisagée doit aussi dans ce sens aussi être d’un certain niveau de complexité, et le résultat escompté se laisser désirer quelque temps. “l’expérience optimale apparaît entre l’anxiété et l’ennui” dit encore Csikszenmihalyi.

Comment la méditation peut-elle nous aider dans ce chemin? De plusieurs façons en fait.

La première est que la méditation régulière réduit notre stress de façon durable. Or un des effets du stress est de nous déconnecter de nos capacités rationnelles (activité du cortex préfrontal) et de favoriser les réactions impulsives, préprogrammées devant un événement de changement (activité de l’amygdale). Ces réactions peuvent être de fuir, de se battre, bref, toutes des réactions qui tendent à vouloir, de façon souvent illusoire ou temporaire, maintenir un statu-quo et une zone de confort. En réduisant le stress, la méditation nous permet de trouver des réponses nouvelles au changement et donc de l’embrasser en faisant preuve d’innovation, en faisant du changement une opportunité d’évolution.

Un autre aspect de la méditation est qu’elle développe naturellement notre intelligence émotionnelle qui réfère à notre capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes. La méditation nous rend plus proches de nos émotions et donc aussi de ce que nous aimons faire naturellement, de nos compétences fondamentales et de notre désir d’apprendre et par contraste, nous rend lucides sur les qualités que nous même et autrui ne possédons pas et sur ce que nous ne souhaitons pas apprendre et développer en nous. Et donc, la méditation nous permet d’éviter de rentrer dans une fonction ou un projet ou , par manque de compétences de base ou d’affinités naturelles, nous riquons de rentrer dans notre zone de risque et donc l’immobilisme et l’échec.

La méditation non seulement nous rend lucides de nos limites mais aussi bienveillants par rapport à elles. En nous acceptant plus facilement comme nous sommes et en nous faisant accepter les autres tels q’ils sont, nous éviterons ces pièges de l’ego qui consistent à nous faire relever des défis trop importants pour nous. Cette bienveillance nous permettra aussi de mettre plus aisément les choses en place pour acquérir ces compétences ou se faire assister dans la tâches par des personnes qui les possède. On voit que cela demande une humilité à laquelle la méditation nous connecte.

La méditation augmente aussi notre zone de confort et diminue dans le même mouvement notre zone de risque. Elle augmente notre zone de confort parce que la peur du monde et donc le stress diminue. Ce faisant, elle crée entre confort et risque une zone appelée “zone de progrès” dans laquelle nous nous sentons suffisamment protégés pour avancer et suffisamment stimulés par le défi et sa complexité également. En ce sens, la méditation crée en nous un espace psychologique d’évolution et de créativité, un espace ou beaucoup de choses deviennent possibles.

CONCLUSION

On le voit, le simple fait de méditer régulièrement nous ouvre de façon naturelle, moins intellectuelle mais surtout ressentie et intuitive à cette première condition du bonheur au travail et dans la vie: Relever des défis en mettant en oeuvre nos compétences avec un moindre effort.

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